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Phishing en Belgique : 93 millions € volés en 2025
Cybersécurité

Phishing en Belgique : 93 millions € volés en 2025

Le phishing a coûté 93 millions € aux Belges en 2025 selon Febelfin. Chiffres officiels, scénarios courants et les réflexes concrets pour protéger votre PME.

Par Mohamad HajiPublié le 4 août 2026Mis à jour le 14 octobre 20265 min de lecture
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Imaginez. Mardi matin, 9 h 12. La comptable d'une PME reçoit un e-mail de son « CEO ». Objet : virement urgent pour un nouveau fournisseur. Le ton est pressant, le logo parfait, l'adresse identique à la vraie, à une lettre près. Elle exécute le virement.

Ce type de scénario n'a rien d'exceptionnel. Selon Febelfin, les fraudeurs ont dérobé 93 millions d'euros par phishing en Belgique en 2025, contre 49 millions en 2024. Et ce, alors que les banques détectent, bloquent ou récupèrent une grande partie des virements frauduleux (75 % en 2024).

93 M€

volés par phishing en Belgique en 2025 (Febelfin)

9,9 M

messages suspects signalés à Safeonweb en 2025 (CCB)

635

incidents notifiés au CCB en 2025, environ +70 % sur un an

L'ampleur de la menace en Belgique

Les chiffres officiels sont clairs. En 2025, les Belges ont transféré 9 929 354 messages suspects à Safeonweb, soit environ 27 000 par jour. Grâce à ces signalements, le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) a identifié 176 183 URL et 40 815 domaines malveillants. Et la tendance continue : plus de 3,6 millions de signalements au premier trimestre 2026, plus de 40 000 par jour en février et en mars.

Côté organisations, le constat est tout aussi net :

  • 635 incidents ont été notifiés au CCB en 2025, dont 556 liés à la cybersécurité. La compromission de comptes est la menace la plus signalée (144 cas). Une partie de la hausse s'explique par les nouvelles obligations de notification (NIS2, DORA).
  • 19 % des dirigeants belges déclarent avoir déjà été ciblés par un cybercriminel (enquête Mastercard, mai 2025).
  • 1 PME européenne sur 4 craint de devoir fermer ses portes à la suite d'une cyberfraude (même enquête).

Le cas Orange Belgium, été 2025

Fin juillet 2025, Orange Belgium a subi une cyberattaque qui a donné accès aux données de 850 000 comptes clients : noms, numéros de téléphone, numéros de carte SIM, codes PUK et formules tarifaires. Ni mots de passe ni données bancaires selon l'opérateur, mais ces informations suffisent à rendre des messages de phishing très crédibles. Si un opérateur télécom peut être touché, aucune entreprise n'est à l'abri.

Comment ça fonctionne : les techniques les plus courantes

Le problème n'est pas que les fraudeurs sont brillants. C'est qu'ils exploitent toujours les mêmes ressorts humains : l'urgence, l'autorité et la routine.

Les variantes se multiplient et se professionnalisent :

  • Fraude au CEO : un escroc imite un dirigeant pour demander un virement urgent. Le CCB cite cette technique parmi celles observées en 2025.
  • Spear phishing : des e-mails très ciblés visant la comptabilité ou les finances, nourris d'informations trouvées sur LinkedIn ou sur votre site.
  • Smishing et vishing : SMS au nom de bpost ou appels qui imitent le support IT, en jouant sur la confiance dans les canaux habituels.
  • Actualité et IA : selon le CCB, les messages suivent de plus en plus l'actualité (réforme des pensions, énergie) et l'IA permet de rédiger très vite des textes crédibles. Le clonage de voix rend aussi les appels frauduleux plus convaincants.

Les 4 réflexes qui protègent votre entreprise

1

Vérifier l'expéditeur

Contrôlez l'adresse e-mail lettre par lettre. « directeur@entreprlse.be » au lieu de « entreprise.be » : un seul caractère fait la différence. En cas de doute, rappelez l'expéditeur sur un numéro connu.

2

Refuser l'urgence

Un vrai dirigeant comprendra que vous preniez cinq minutes pour vérifier. Un escroc, non. L'urgence est toujours un signal d'alarme. Instaurez une double validation pour tout virement au-delà d'un montant défini et pour tout changement de numéro de compte d'un fournisseur.

3

Signaler immédiatement

Transférez l'e-mail suspect à suspect@safeonweb.be et alertez votre responsable IT. Selon une enquête Safeonweb de novembre 2025, 43 % des Belges transfèrent déjà les messages suspects.

4

Activer le MFA partout

Selon une étude de Microsoft, l'authentification multifacteur réduit de plus de 99 % le risque de compromission d'un compte. Quelques minutes de configuration par compte.

Le réflexe Safeonweb

Transférez tout message suspect à suspect@safeonweb.be. En 2025, le CCB a mené 152 campagnes d'avertissement contre le spear phishing et envoyé 32 005 alertes ciblées aux organisations potentiellement touchées.

Ces réflexes ne s'inventent pas sous pression

Ils se pratiquent. Une session de sensibilisation ciblée permet à vos équipes de reconnaître les signaux d'alarme avant qu'il ne soit trop tard. Nous intervenons en lunch & learn, demi-journée ou conférence, avec des scénarios adaptés à votre secteur.

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